samedi 5 mars 2016

Les productions Cordelles ;-)


Mes ustensiles (à gauche, "Contre toi" ; à droite, "Indéfectible")

Je n'écris pas enfermée dans une pièce silencieuse ni sur un bureau. Mon espace de travail se résume à un petit coin dans mon salon où j'ai installé un fauteuil Ikea et quelques gros coussins pour surélever mes jambes. Et toujours de la musique, tout le temps. Très très important car je ne supporte pas le silence, ça me stresse. J'ai largement amorti mon abonnement à Spotify. ;-) Ci-dessus, vous pouvez voir mes deux instruments de torture travail : un netbook et son grand frère. Dans mon espace réservé, j'écris l'ordinateur posé sur les cuisses. Parfois, quand ça chauffe un peu trop, je dois m'arrêter ! C'est pour ça que je ne porte plus de mini-jupe, on verrait des traces rouges. ha ha Alors, il faut savoir que je travaille toujours sur deux textes en parallèle mais l'un moins sérieusement que l'autre, style 3/4 pour l'histoire principale et 1/4 pour la secondaire qui doit sortir plus tard. Comme ça, quand je suis en panne d'inspiration sur l'une, je saute vite à l'autre pour mieux revenir à la première.

A l'exception des périodes de vacances ou quand je suis de sortie (ce qui n'arrive pas très souvent, je n'ai pas une vie sociale trépidante), j'essaye de maintenir un rythme d'écriture quotidien. Je n'irais pas jusqu'à affirmer que c'est une religion mais presque ! Je suis comme la poule, j'aime bien grattouiller. En effet, c'est assez rare que je ne sois pas en train de bidouiller un passage dans une histoire en cours ou à venir. Parce qu'un texte est toujours faillible, parce qu'il y a toujours une meilleure formulation ou un mot plus approprié. Et si je mettais cet adjectif à la place de l'autre, est-ce que ce ne serait pas mieux ?? Non, je ne suis pas une maniaque mais hélas, seulement une auteure qui doute énormément d'elle-même. T_T
 
Le soir en semaine, globalement, je parviens presque toujours à aligner entre 1 000 et 2 000 mots. Ce comptage peut paraître abstrait pour certaines, je m'explique : chaque page Word contient plus ou moins 500 mots, ce qui fait que j'arrive à coucher sur l'ordinateur entre deux et quatre pages. Hum, je vous accorde que ces chiffres donnés font un peu ridicule dit comme ça, mais il en faut de l'énergie pour retranscrire ses pensées ! La première qui me sort "ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement", je l'assomme ! Je ne vous raconte pas le bordel dans ma tête entre les différents héros qui me parlent. o_O Parfois, quand je suis en grande forme, je parviens à atteindre 2 500 mots. Jamais au-delà, sinon je disjoncte et parce qu'il faut aussi aller faire dodo. ;-) Les week-ends sont plus propices à la créativité, de l'ordre de 8 000 mots sur les deux jours. Les pics plafonnent à 10 000 mots quand je suis vraiment à la bourre. Ché pas, l'adrénaline doit me booster ! lol Par contre après un effort pareil, je suis lessivée et plus bonne à rien !!!
 
Les étapes successives pour fabriquer mes romances sont toujours les mêmes. Je procède selon une recette identique depuis deux ans. Bien sûr, chaque auteure à son petit rituel, sa méthode de travail qui lui est propre ; la mienne n'est pas parfaite mais elle me convient. :-) Ma première phase est certainement celle que je considère comme la plus importante et la plus longue : le premier jet. Cette période est primordiale pour moi parce que j'y écris généralement 80 % de mon histoire. Au début, je suis devant une feuille blanche sur mon petit ordinateur. Je n'angoisse pas parce que j'ai déjà le déroulé de l'histoire dans ma tête mais je me demande toujours par quel angle attaquer. Tout se bouscule dans mon cerveau au moment d'écrire la première phrase. Ce qui fait que le premier chapitre n'est jamais celui auquel j'ai réfléchi . lol

Je fabrique ce que j'appelle un squelette, c'est-à-dire que je balance absolument toutes mes idées, tout ce qui me vient à l'esprit sans me soucier de la mise en page. Je tape au kilomètre, à l'arrache, c'est du brouillon. A peine si je mets des tirets pour les dialogues. Puis je finis n'importe comment parce que je suis pressée. J'adoreeee frapper le mot "FIN" à une histoire !!! ^^ Sauf que c'est très très loin d'être terminé car il faut maintenant superposer les couches sur les os de mon squelette : articulations, chair et peau pour donner un vrai corps au texte. Je reprends donc depuis le début et là, gros gros boulot ! Je complète, je le fluidifie, j'amène de l'intensité dans les émotions, du suspens à des passages, du relief aux héros. Sans oublier que je dois approfondir, expliciter les situations, les sentiments et décrire plus précisément l'environnement... En terme de temps, par exemple sur 4 mois de gestation, le premier jet dure bien 2 bons mois.

La deuxième étape, qui représente les 20 % restants, consiste à corriger et à retravailler le texte pour qu'il coule de source. A ce niveau-là, je passe sur l'autre ordinateur car l'écran plus grand va me permettre d'admirer les "horreurs" que j'ai pu débiter. Et là pendant près 1 mois, tous les jours, c'est parti pour la relecture, la réécriture de certains passages et la correction. Je traque les fautes d'orthographe, les répétitions, les coquilles et les incohérences. J'essaye de trouver une meilleure tournure aux phrases qui me paraîtraient maladroites, d'affiner des dialogues, des descriptions... Google est mon ami, j'effectue également des recherches sur les sujets pour lesquels les doutes subsistent. Après, lors de la troisième phase, je refile gaiement le bébé à ma correctrice qui va le garder pendant 3 semaines/1 mois. Entretemps, je ne chôme pas, je me penche plus sérieusement sur un autre texte pendant que l'histoire terminée continue de mûrir dans mon inconscient. Je consigne sur des feuilles toutes les nouvelles pistes pour l'améliorer.

Et enfin arrive le quatrième et dernier palier, - courage, j'y suis presque ! - : les relectures et les retouches qui durent environ une semaine. Après avoir réceptionné le texte corrigé, je fais profil bas car en général, j'ai du rouge sur toutes les pages et je rectifie docilement. Il faut dire que je voue une confiance aveugle en ma correctrice donc quand elle annote que c'est faux, elle a forcément raison ! Malheureusement pour elle (pardon, Isa !), je rajoute mes fameuses idées de dernières minutes. Mais chut, ne le lui dites pas ! Parce que je suis comme ça, tant que je n'ai pas publié le livre, je le grattouille constamment. Je procède encore à deux ou trois relectures minutieuses après ces raccords. Et alléluia !!! Mais que vois-je là-bas ? La ligne d'arrivée, le finish, la sortie du tunnel. J'en pleure presque de joie !

Et voilà, chères lectrices, comment une de mes romances se retrouve après quelques mois de labeur sur votre liseuse, tablette ou smartphone. Sur ce, je retourne à "Contre toi" pour la deuxième étape ! A la semaine prochaine pour rigoler un peu sur mes "horreurs". ;-)


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