samedi 28 mars 2015

Quand personne n'achète votre livre...


Je touche du bois (aïe ma tête !) pour que l'intitulé de ce billet ne soit pas une sombre prémonition pour moi. D'accord mes ventes ne sont pas extraordinaires mais j'arrive encore à écouler quelques exemplaires de mes livres de temps à autre. ;-)

Je navigue pas mal sur les sites traitant de l'auto-édition. Et sur l'un d'entre eux - l'excellent Le Mag des Auteurs Indés pour le citer -, je suis tombée sur le billet d'un auto-édité américain qui se penche sur ses états d'âme d'auteur. Ses mots, ses émotions ont trouvé une forte résonance en moi. Youhou y a de l'écho ici ? lol Je me retrouve presque dans ses cycles. Bien sûr pas à 100% mais une bonne partie tout de même ; je ne suis notamment pas d'accord avec sa conclusion. De plus ces américains ont des envolées lyriques auxquelles je n'adhère pas totalement. Je suis un peu plus terre à terre. Donc comme c'est un très long article, je me suis contentée de traduire une partie et de vous en livrer la substantifique moelle, selon l'expression chère à Sieur Rabelais . ;-)


C'est parti !  
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"Vous vérifiez, actualisant constamment le site des ventes comme une personne attendant que des billets de concert ou qu'une paire de Jordans soit mise en vente. Vous connaissez bien cette situation mais vous continuez tout de même de vérifier. Les ventes augmentent par lots, pas à chaque seconde, donc rafraîchir la page toutes les cinq secondes relève d'un exercice futile. Pourtant encore et encore, vous vérifiez mais le nombre de vos ventes ne bouge pas. Comment est-ce possible ?

Vous avez passé des jours, des nuits, des mois voire des années à travailler sur quelque chose. Vous l'avez créé de toutes pièces, transformé, peaufiné, réécrit, éprouvé, modelé, mis en forme jusqu'au produit auquel vous rêviez depuis le début. Vous l'avez remis en forme pour que cela paraisse parfait. Ensuite, vous l'avez formaté (et reformaté) pour l'adapter au format kindle. Vous essayez des couleurs et des polices pour le titre, vous cherchez la meilleure illustration. Vous écrivez une description en quatrième de couverture et une autre pour la page Amazon. Vous le couvez, le protégez et le chouchoutez jusqu'à ce qu'il soit prêt à venir au monde. C'est votre bébé. Mais - et c'est l'ironie de tout art - vous dépensez du temps et de l'énergie (et peut-être votre argent) sur un projet solide, sur lequel vous avez l'intime conviction que les gens se rueront et... il meurt avant d'avoir franchi la ligne de départ. C'est toujours le livre parfait tel que vous l'aviez rêvé, mais tout le monde s'en fout ! Peu importe les raisons, tout le monde s'en fout royalement.

Donc, que se passe-t-il quand personne n'achète votre livre ?

En apparence rien n'a changé pour moi. J'ai toujours le même job, la même maison et la même voiture. Cependant à l'intérieur, tout est chamboulé. Je remets tout en question. Si personne ne le lit, pourquoi ai-je mis autant d'énergie dans ce livre ? Pourquoi ai-je tant souffert de ne pas avoir placé la bonne phrase à la page 9 ou la bonne métaphore à la page 90 ? Pourquoi ai-je choisi ce sujet ou cette histoire et pourquoi ai-je pensé que je trouverais un public ?  

[Quand je vous disais que ces ricains aimaient la surenchère ! lol]

Je remets même en cause ma passion. Pourquoi je fais tout ceci ? Pourquoi j'ai passé autant de temps à retranscrire mes idées et mes mots pour si peu de retour en récompense ? Ne suis-je pas bon du tout en tant qu'auteur ? Puis je me dis : plus jamais ça ! J'arrête. Je n'ai pas besoin de ça. Ma vie ne changera pas d'un iota si je n'écris jamais un autre livre ou essai. J'aurai plus de temps pour moi, ma famille et mon job. Je vais pouvoir retourner dans la pièce principale en compagnie des autres membres de ma famille.

Je me sens serein, certain que ce temps-là est révolu. J'ai déjà sept livres qui tournent bien et je vais pouvoir m'adonner à un vrai hobby comme jouer au golf ou pêcher. Puis j'ai une idée, et ensuite une autre et ainsi de suite. Elles flottent dans ma tête au point où je commence à les écrire pour les organiser et leur donner un sens. Sans que je m'en rende compte, je me retrouve devant mon écran. Les idées arrivent et mes doigts volent sur le clavier pour créer quelque chose de nouveau. Cette fois-ci, ce sera différent. Cette fois-ci, tout le monde sera attiré par mon livre parce que ce sera indubitablement la meilleure chose que j'aurais écrite.

Et le cycle recommence. Parce que pendant que vous souhaitez que votre travail soit lu et apprécié (et vous rapporte de l'argent), ce n'est pas la raison principale pour laquelle vous écrivez. Votre motivation première de vouloir coucher vos mots sur le papier ou sur l'écran d'un ordinateur n'est pas de figurer parmi la liste des best-sellers. [Heu il est gentil le monsieur, mais moi j'aimerais bien y figurer ! lol] Mais c'est parce qu'avant tout, c'est une passion et ce sont vos sentiments que vous voulez exprimer à travers vos phrases. Vous vous en fichez si personne ne vous lit parce que vous ne le faites pas pour les autres, vous le faites pour vous. C'est étrange, le processus d'échec vous fait réaliser que vous n'avez pas besoin d'écrire, il n'y a aucune raison pour cela, et pourtant vous voilà de retour à la tâche.

Donc que se passe-t-il quand personne n'achète votre livre ?

En fin de compte, cela fait de vous un meilleur auteur."

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Hum pas trop d'accord avec sa jolie conclusion. lol Je ne suis pas certaine que l'échec rende forcément un auteur meilleur. Certes, il s'interrogera sur ce qui n'aura pas fonctionné et s'acharnera deux fois plus sur son nouveau livre mais cela ne signifie pas pour autant que son futur bébé sera mieux accueilli ! Prenons mon cas (au hasard Balthazar), j'aurais beau mettre tous les efforts du monde dans mes futures romances, ce n'est pas pour ça que je serais plus récompensée. Des fois un livre marche, d'autres pas. C'est le jeu ma pov' Lucette !

Dans tous les cas, j'ai trouvé que c'était un très beau billet sur la persévérance d'un auteur. C'est aussi mon état d'esprit. Vous comprenez mieux pourquoi tandis que je rouspète et m'arrache les cheveux (tiens y a un titre de livre qui s'intitule "Héloïse est chauve" mdr), eh bien je continue quand même d'écrire. Paradoxe, quand tu nous tiens ! *soupir*

@ bientôt pour un billet prochain ou un prochain billet, au choix ! 😀

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